Depuis son inauguration officielle en 2010 et sa reconnaissance progressive comme hub financier continental, Casablanca Finance City (CFC) est devenu le point de convergence des grandes firmes internationales souhaitant opérer en Afrique depuis une base réglementaire solide. En 2026, le district concentre plus de 200 entreprises membres actives, parmi lesquelles figurent des banques d'investissement, des cabinets de conseil de premier rang et des fonds de capital-investissement. Pour un investisseur immobilier, cette concentration de locataires solvables à long terme représente une opportunité rare sur le marché marocain, à condition de maîtriser les spécificités du segment et d'aborder l'acquisition avec une méthode rigoureuse.

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À retenir

Casablanca Finance City bénéficie d'un statut fiscal particulier accordé par l'État marocain : les entreprises membres profitent d'un taux d'IS réduit à 15 % pendant les cinq premières années, puis plafonné, ce qui renforce structurellement la demande locative de bureaux dans le périmètre CFC.

Comprendre le marché des bureaux au sein de CFC

Le périmètre de Casablanca Finance City s'étend principalement autour du boulevard Sidi Mohammed Ben Abdellah, en bordure du quartier Anfa, dans l'arrondissement de Sidi Belyout. Les tours phares — CFC Tower, Casablanca Twin Center, et plusieurs immeubles de classe A livrés entre 2015 et 2023 — forment un parc tertiaire d'environ 350 000 m² de surface locative nette. La demande provient essentiellement d'utilisateurs institutionnels : banques africaines cherchant une tête de pont nord-africaine, cabinets juridiques internationaux, compagnies d'assurance et sièges régionaux de groupes industriels. Cette clientèle exige des surfaces modulables, des certifications environnementales (HQE, LEED) et une connectivité redondante, ce qui tire les loyers vers le haut et consolide les valeurs patrimoniales.

Le quartier Anfa dans son ensemble connaît par ailleurs une profonde mutation urbaine. L'article "Casablanca Anfa : les grandes transformations immobilières" détaille les chantiers d'infrastructure qui redessinent l'accessibilité du secteur, notamment l'extension du tramway et la requalification des voies rapides périphériques. Ces projets soutiennent mécaniquement la valeur des actifs tertiaires situés dans le périmètre CFC.

Typologie des surfaces disponibles

  • Petits plateaux de 100 à 300 m² : destinés aux cabinets de conseil et aux startups financières, très liquides à la revente
  • Plateaux intermédiaires de 300 à 800 m² : segment le plus recherché par les filiales de groupes internationaux
  • Grandes surfaces de 800 à 3 000 m² : occupées en général par des banques ou des assureurs, baux longs de 6 à 9 ans
  • Espaces de coworking premium : en développement depuis 2022, loyers à la journée ou au mois, usage croissant par les délégations temporaires

Prix au m², loyers et rendements locatifs en 2026

Les valeurs vénales des bureaux dans le coeur de CFC se situent, en 2026, entre 25 000 et 45 000 MAD par m² selon l'étage, la certification environnementale, la date de livraison de l'immeuble et la présence ou non d'un locataire en place. Les immeubles les plus récents, livrés après 2020 et certifiés LEED Gold ou équivalent, atteignent le haut de cette fourchette. Les surfaces dans des immeubles construits avant 2015 se négocient entre 22 000 et 28 000 MAD/m², sauf rénovation lourde effectuée par le propriétaire vendeur.

Les loyers faciaux pratiqués dans le périmètre CFC varient entre 180 et 350 MAD/m²/mois hors charges, selon la qualité de l'actif. Sur la base d'un prix d'acquisition de 30 000 MAD/m² et d'un loyer de 220 MAD/m²/mois, le rendement brut annuel ressort à environ 8,8 %. Après déduction de la taxe de services communaux (environ 13,5 % des loyers perçus), des charges de copropriété non récupérables et de la vacance locative estimée à 4 à 6 % sur CFC, le rendement net se stabilise entre 6 et 7,5 % selon la structure de détention choisie.

Conseil

Privilégiez l'acquisition d'un bien avec un locataire en place disposant d'un bail commercial d'au moins 3 ans restants. Vous sécurisez ainsi le rendement dès le premier jour et vous vous préservez d'une période de vacance coûteuse dans un marché où les délais de relocation peuvent atteindre 4 à 8 mois.

Comparaison avec les autres pôles tertiaires de Casablanca

  • Quartier des Affaires (Maarif / Gauthier) : 12 000 à 18 000 MAD/m², rendements bruts de 7 à 9 %, moins de prestige institutionnel
  • Sidi Maarouf / Nearshore : 8 000 à 14 000 MAD/m², loyers plus bas (80 à 140 MAD/m²/mois), cible IT et outsourcing
  • Ain Sebaa / Zone industrielle : 5 000 à 9 000 MAD/m², mixte bureaux-entrepôts, rendements élevés mais risque locatif plus fort
  • CFC coeur de périmètre : 25 000 à 45 000 MAD/m², loyers premium, locataires institutionnels, meilleure résilience de valeur

Procédure d'acquisition et points de vigilance juridique

Acheter un bureau dans le périmètre CFC ne présente pas de barrière juridique particulière pour un investisseur marocain ou étranger résident. La transaction suit le droit commun immobilier marocain : compromis de vente, levée des hypothèques éventuelles, acte authentique devant notaire, inscription à la conservation foncière. En revanche, si l'actif est détenu par une entreprise membre CFC ou fait partie d'un programme développé par la société CFC elle-même, certaines clauses de préemption ou d'agrément de l'acquéreur peuvent s'appliquer. Il est impératif de faire vérifier ces points par un avocat spécialisé en droit immobilier commercial avant toute signature.

La question du financement bancaire est centrale. Les banques marocaines financement volontiers l'immobilier de bureau à CFC, que ce soit en nom propre ou via une société civile immobilière (SCI). Les taux fixes proposés en 2026 se situent entre 5,2 % et 6,5 % sur des durées de 10 à 20 ans, avec un apport généralement exigé entre 20 % et 30 % de la valeur du bien. Pour comparer efficacement les offres disponibles, l'article "Comparer les banques marocaines pour son crédit immobilier" offre une méthodologie complète permettant d'évaluer le coût total du crédit au-delà du simple taux facial.

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Attention

Attention aux frais annexes souvent sous-estimés : les droits d'enregistrement et de timbre représentent environ 4 % du prix de vente, les frais de notaire 1 à 1,5 %, et les frais de conservation foncière 1,5 %. Sur une acquisition à 5 millions de MAD, ces frais additionnels peuvent dépasser 350 000 MAD.

Structure de détention : nom propre, SCI ou société commerciale ?

  1. Détention en nom propre : simple, mais expose à l'IS en cas de cession à titre spéculatif et complique la transmission patrimoniale
  2. SCI (Société Civile Immobilière) : structure privilégiée pour les investisseurs patrimoniaux, facilite la gestion multi-associés et la transmission
  3. SARL ou SA immobilière : pertinente si plusieurs actifs sont visés ou si l'investisseur souhaite déduire les charges réelles et amortir le bien
  4. OPCI (Organisme de Placement Collectif Immobilier) : structure réglementée depuis 2019, accessible aux institutionnels et grandes fortunes, offre une liquidité partielle via le marché secondaire

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Stratégies d'investissement adaptées à CFC en 2026

Deux grandes logiques coexistent sur le marché des bureaux CFC. La première est patrimoniale : l'investisseur acquiert un plateau occupé, perçoit des loyers stables sur 6 à 9 ans et bénéficie de la revalorisation du capital dans un périmètre dont l'attractivité est soutenue par la politique de l'État marocain en matière de hub financier continental. La seconde est opportuniste : elle consiste à acquérir un actif vacant ou en deçà de sa valeur de marché, à financer une rénovation ou une reconfiguration des surfaces, puis à louer à un loyer de marché ou à revendre avec une prime. Ce second modèle requiert une connaissance fine du marché locatif local et des délais plus longs.

Pour les investisseurs de la diaspora marocaine souhaitant diversifier leur patrimoine immobilier depuis l'Europe ou d'ailleurs, CFC présente un profil de risque relativement maîtrisé : locataires de grande qualité, loyers libellés en dirhams dans un régime de convertibilité partielle, et actifs liquides à la revente. L'article "Diversifier son patrimoine avec l'immobilier marocain en 2026" analyse plus largement les mécanismes de diversification disponibles pour les investisseurs cherchant à réduire leur exposition à un seul marché ou à une seule classe d'actifs.

Tours de bureaux modernes à Casablanca Finance City, Maroc

Les tours de Casablanca Finance City vues depuis le boulevard principal

Le skyline de CFC concentre les immeubles de bureaux les plus modernes de Casablanca, avec des certifications environnementales et des équipements comparables aux standards des grandes places financières européennes.

L'horizon de placement recommandé pour un investissement dans des bureaux CFC est de 7 à 12 ans minimum. Sur cette durée, la combinaison des revenus locatifs nets et de la revalorisation du capital permet d'espérer un TRI (taux de rendement interne) compris entre 9 et 12 %, dans un scénario de loyers stables et de faible vacance. Ce profil de rendement est supérieur à celui de l'immobilier résidentiel haut de gamme casablancais, qui affiche des rendements locatifs nets rarement supérieurs à 4 à 5 % en 2026.

Ce qu'il faut retenir sur les bureaux CFC

  • Prix d'acquisition entre 25 000 et 45 000 MAD/m² selon la qualité et l'ancienneté de l'immeuble
  • Loyers faciaux entre 180 et 350 MAD/m²/mois, rendement net estimé entre 6 et 7,5 %
  • Locataires institutionnels de premier rang, baux longs (6 à 9 ans), faible risque d'impayés
  • Structure de détention en SCI recommandée pour optimiser la transmission et la gestion multi-investisseurs
  • Frais d'acquisition totaux à prévoir entre 6,5 et 7 % du prix de vente
  • Horizon de placement optimal de 7 à 12 ans pour maximiser le TRI global de l'opération
Nous avons acquis un plateau de 420 m² à CFC en 2021, occupé par une filiale d'un groupe bancaire panafricain. Le loyer mensuel de 88 000 MAD est versé avec une régularité totale depuis l'origine. La valeur de l'actif a progressé d'environ 18 % sur quatre ans selon les estimations que nous avons obtenues. C'est le meilleur investissement immobilier que nous ayons réalisé au Maroc, et nous travaillons actuellement sur l'acquisition d'un second plateau dans le même immeuble. — Karim B., directeur financier et investisseur privé, Casablanca.
Menzil nous a accompagnés du début à la fin de notre projet. Leur connaissance du marché local et leur rigueur sur la vérification des documents nous ont permis de finaliser l'achat en toute sérénité.
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Karim B.

Acheteur · Casablanca

Questions fréquentes sur l'immobilier de bureau à CFC

Un investisseur non-résident peut-il acheter un bureau à Casablanca Finance City ?
Oui. La législation marocaine autorise les étrangers non-résidents à acquérir des biens immobiliers, y compris des bureaux, sous réserve que les fonds soient importés en dirhams convertibles via le système bancaire. Le rapatriement des revenus locatifs et du capital lors d'une revente est possible dans ce cadre réglementaire, sous réserve de justifier de l'importation initiale des fonds.
Quelle est la fiscalité applicable aux revenus locatifs de bureaux au Maroc en 2026 ?
Les revenus locatifs provenant d'immeubles à usage professionnel sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) au titre des revenus fonciers, avec un abattement forfaitaire de 40 % sur les loyers bruts. Si la détention est faite via une société (SARL, SA), les loyers intègrent le résultat imposable à l'IS au taux normal de 20 % ou au taux réduit selon le régime applicable. La TVA au taux de 10 % est en outre applicable sur les loyers de locaux professionnels lorsque le bailleur est assujetti.
Quels sont les délais moyens pour trouver un locataire sur CFC en cas de vacance ?
Le délai moyen de relocation d'un bureau vacant dans le périmètre CFC est estimé entre 3 et 8 mois selon la taille du plateau, son niveau de finition et le contexte de marché. Les petites surfaces (moins de 200 m²) se louent plus rapidement. L'accompagnement par un agent immobilier spécialisé dans le tertiaire est fortement conseillé pour accéder au réseau des entreprises membres CFC en phase de recherche de locaux.
Peut-on financer l'achat d'un bureau CFC avec un crédit immobilier classique ?
Oui. Les banques marocaines (Attijariwafa Bank, CIH Bank, BMCE Bank of Africa, Banque Populaire, Société Générale Maroc) accordent des crédits pour l'acquisition de locaux professionnels. Les conditions diffèrent légèrement du crédit résidentiel : apport souvent plus élevé (25 à 30 %), durée maximale généralement limitée à 15 ans, et analyse du dossier centrée sur la solvabilité du locataire en place autant que sur celle de l'emprunteur.
Quelle différence entre un bureau CFC et un bureau dans le quartier Sidi Maarouf pour un investisseur ?
Sidi Maarouf est un pôle technologique et de nearshoring ciblant les entreprises IT, de services externalisés et de centres d'appel. Les prix d'acquisition y sont nettement inférieurs (8 000 à 14 000 MAD/m²) et les rendements bruts peuvent atteindre 10 à 12 %, mais le profil de locataires est plus volatile et les loyers moins solides dans le temps. CFC offre une qualité de locataires supérieure, une meilleure résilience de valeur et un positionnement patrimonial plus défensif, au prix d'un ticket d'entrée deux à trois fois plus élevé.

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