Bournazel, le quartier industriel de Casablanca où habitent les ouvriers qui font tourner les usines
Bournazel est un quartier dont l'existence est indissociable de l'industrialisation de Casablanca — la grande métropole économique du Maroc qui a concentré depuis les années 1930 l'essentiel de l'industrie lourde et manufacturière du pays dans ses zones industrielles est-nord-est (Ain Sebaâ, Sidi Bernoussi, Moulay Rachid). Ce tissu industriel — des usines pétrochimiques, des ateliers de mécanique et de tôlerie, des manufactures textile, des industries alimentaires — a généré un besoin de logement ouvrier immédiat à proximité des zones d'emploi, et des quartiers comme Bournazel se sont développés pour répondre à cet afflux de migrants ruraux qui venaient chercher du travail dans les usines de la métropole. La densité du bâti, l'étroitesse des ruelles et la promiscuité des logements témoignent d'une urbanisation rapide et peu planifiée qui a caractérisé la croissance de cette partie de Casablanca depuis l'indépendance. Bournazel est aujourd'hui un quartier stabilisé socialement — ses habitants y habitent depuis une ou deux générations, les logements ont été progressivement améliorés et agrandis par les propriétaires, et une économie de quartier vivante (artisans, commerçants, petites manufactures) anime les rues.
À 8 800 MAD/m², Bournazel est dans la fourchette basse-intermédiaire du marché casablancais — légèrement au-dessus de Sidi Othmane (8 200 MAD/m²) et Derb Sultan (7 600 MAD/m²), dans un marché populaire stable dont la demande provient principalement des habitants permanents du quartier et de quelques investisseurs qui achètent pour louer aux ouvriers des zones industrielles proches.

Bournazel, le quartier ouvrier ne de l'industrialisation de Casablanca
Des les annees 1930, ce secteur a accueilli les migrants ruraux venus travailler dans les usines petrochimiques et textiles des zones industrielles voisines.
La zone industrielle d'Ain Sebaâ : le cœur manufacturier de Casablanca entre pétrochimie et automobile
La zone industrielle d'Ain Sebaâ — qui s'étend sur plusieurs kilomètres carrés dans le nord-est de Casablanca — est l'une des plus importantes concentrations industrielles du Maroc et de l'Afrique francophone, avec des secteurs aussi variés que la pétrochimie (la raffinerie SAMIR, actuellement en arrêt mais dont la reconversion est discutée), l'assemblage automobile (Renault avait ses premières lignes d'assemblage au Maroc dans cette zone), le textile et la confection, les industries alimentaires et les entrepôts logistiques. Cette concentration industrielle est à la fois la richesse économique de la zone nord-est de Casablanca (des milliers d'emplois directs et indirects pour les habitants des quartiers populaires environnants) et son handicap résidentiel (pollution atmosphérique, bruit industriel, trafic de camions lourd, image dégradée). Les projets de reconversion de cette zone industrielle vieillissante vers des activités à plus haute valeur ajoutée (logistique premium, industries légères, artisanat technologique) sont à l'étude mais leur calendrier et leurs modalités restent incertains.
Bournazel est la Casablanca ouvrière industrielle — zone Ain Sebaâ usines pétrochimie textile, tissu résidentiel dense ouvriers migrants 1950-1970, vie de quartier vivante économie informelle. 8 800 MAD/m² pour le marché populaire du nord-est entre Sidi Bernoussi et Hay Mohammadi.

8 800 MAD/m2 dans un quartier stabilise depuis deux generations
Les logements, progressivement ameliores au fil des decennies, abritent aujourd'hui des habitants installes depuis longtemps dans ce tissu urbain dense.



