La location courte durée au Maroc a connu une explosion depuis 2020, avec des plateformes comme Airbnb transformant le secteur touristique et immobilier. En 2026, le cadre légal s'est considérablement renforcé pour encadrer cette activité lucrative mais réglementée. Que vous soyez propriétaire à Marrakech, Casablanca ou Agadir, comprendre les obligations légales est devenu incontournable. Cet article détaille les règles actuelles, les déclarations obligatoires, les taxes et les risques de non-conformité. Nous vous guidons aussi sur comment évaluer votre bien immobilier avant de le mettre en location courte durée.
À retenir
En 2026, le Maroc a renforcé sa législation sur la location courte durée (LCD) pour régulariser le secteur et collecter les taxes dues. Les propriétaires opérant via Airbnb, Booking ou d'autres plateformes doivent respecter des obligations strictes : enregistrement auprès des autorités, déclaration de revenus, et paiement de la taxe de séjour.
Cadre légal de la location courte durée au Maroc en 2026
Le Maroc a progressivement régularisé le secteur de la location courte durée par plusieurs décrets et circulaires depuis 2023. Le contexte législatif actuel repose sur trois piliers : la loi relative au bail d'habitation (modifiée en 2023), les obligations fiscales déclinées par l'Administration des impôts, et les règlements municipaux spécifiques à chaque ville. Contrairement à un investissement locatif classique où le bail court sur plusieurs années, la location courte durée est définie comme toute période inférieure à 90 jours consécutifs. Cette distinction est essentielle pour déterminer vos obligations.
Les autorités marocaines, notamment la Direction générale des impôts et les collectivités territoriales, supervisent désormais activement ce secteur. Les villes comme Casablanca, Marrakech et Agadir ont instauré des registres de propriétaires et des conditions d'accès spécifiques. L'objectif est triple : formaliser l'économie du tourisme, collecter les revenus fiscaux et assurer la qualité des services touristiques.
Il est important de noter que la Banque Centrale du Maroc encourage les propriétaires de bien immobilier à déclarer leurs revenus locatifs. Si vous avez financé votre propriété par crédit immobilier, votre contrat de prêt peut contenir des clauses relatives à l'usage du bien, y compris l'interdiction de location courte durée ou des conditions spéciales.
- Loi relative au bail d'habitation (Dahir 1.04.100) : encadre la location courte et longue durée
- Décret d'application 2023 : précise les obligations d'enregistrement et de déclaration
- Circulaires administratives : directives de l'Administration des impôts sur la fiscalité des revenus
- Règlements locaux : chaque municipalité peut imposer ses propres conditions et taxes

Location courte durée : un cadre légal renforcé depuis 2023
Plusieurs décrets et circulaires encadrent désormais la location courte durée au Maroc pour régulariser le secteur et sécuriser les recettes fiscales.
Enregistrement et déclaration obligatoires auprès des autorités
Avant de publier un bien en location courte durée sur Airbnb ou toute autre plateforme, vous devez effectuer une déclaration auprès des autorités compétentes. Cette démarche vise à officialiser votre activité et à vous inscrire dans le système fiscal marocain.
La première étape consiste à obtenir un numéro d'immatriculation auprès de votre commune ou collectivité locale. À Casablanca, Rabat, Marrakech et Agadir, des guichets dédiés ont été ouverts pour faciliter cette inscription. Vous devez fournir : une copie de votre titre de propriété, une pièce d'identité, un justificatif de domicile, et une description détaillée du bien (nombre de chambres, équipements, capacité d'accueil).
Ensuite, vous devez vous enregistrer auprès de votre Centre fiscal d'impôts ou de la Direction générale des impôts en ligne. Cette inscription vous permet de déclarer vos revenus de location courte durée dans votre déclaration annuelle d'impôts sur le revenu. Les propriétaires bénéficiaires de revenus imposables doivent être en règle avec le fisc, sous peine de pénalités de 15% à 30% du revenu non déclaré.
- Rassembler les documents : titre de propriété, pièce d'identité, justificatif de domicile, description du bien
- Se présenter auprès de la mairie ou collectivité locale pour obtenir un numéro d'immatriculation
- Demander un numéro PATENTE (immatriculation commerciale) si vous n'en disposez pas
- S'inscrire auprès du Centre d'impôts pour obtenir le statut de prestataire touristique
- Déclarer annuellement les revenus via votre déclaration fiscale ou via un expert-comptable

Enregistrement obligatoire auprès des autorités locales
Tout propriétaire proposant son bien sur Airbnb ou Booking doit déclarer son activité et obtenir une autorisation auprès des autorités compétentes.
Point d'attention
Le défaut de déclaration expose le propriétaire à des sanctions : amendes de 5 000 MAD à 50 000 MAD, redressement fiscal avec intérêts de retard (0,5% par mois), et possibilité de poursuites pénales. Airbnb et les autres plateformes collaborent de plus en plus avec les autorités fiscales pour transmettre les données des propriétaires.
Obligations fiscales : impôts sur le revenu et taxes de séjour
Les revenus générés par la location courte durée sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) au Maroc. Le taux d'imposition dépend de votre régime fiscal : vous pouvez relever soit du régime du micro-entrepreneur (forfait simplifié), soit du régime réel d'imposition si vos revenus dépassent certains seuils.
Pour 2026, les seuils sont les suivants : si vos revenus locatifs annuels sont inférieurs à 500 000 MAD, vous pouvez opter pour le régime du micro-entrepreneur avec un taux forfaitaire d'environ 1,5% à 3% des revenus bruts. Au-delà, vous devez relever du régime réel et soumettre une déclaration complète avec déduction de vos frais (maintenance, assurance, frais d'agence, électricité, eau, internet).
Le taux marginal d'IR au Maroc varie de 0% à 45% selon votre tranche de revenu. Par exemple, un propriétaire générant 100 000 MAD annuels de location courte durée sera imposé à un taux effectif d'environ 23% après abattement professionnel.
En parallèle, vous devez vous acquitter de la taxe de séjour (ou taxe touristique) auprès de votre collectivité locale. Cette taxe varie selon les villes : elle est de 10 MAD à 20 MAD par nuit et par personne à Marrakech, 8 MAD à 15 MAD à Casablanca, et 5 MAD à 10 MAD à Agadir. Le propriétaire ne paie pas directement cette taxe, mais il doit la collecter auprès du client et la reverser à la mairie. Airbnb et Booking collectent souvent cette taxe automatiquement dans certaines villes.
- Revenu imposable : revenus bruts moins les charges déductibles (frais de gestion, impôts fonciers, assurance, entretien)
- Régime micro-entrepreneur : taux forfaitaire de 1,5% à 3% pour les revenus inférieurs à 500 000 MAD annuels
- Régime réel : taux progressif de 0% à 45% avec dossier comptable complet
- Déclaration obligatoire : annuellement entre janvier et mars auprès de votre Centre fiscal
- Taxe de séjour : 5 à 20 MAD par nuit selon la ville, généralement collectée par le propriétaire ou la plateforme

Impôt sur le revenu et taxe de séjour à intégrer
Les revenus issus de la location courte durée sont imposables, en plus de la taxe de séjour collectée pour le compte des communes.
Conditions d'accès et restrictions régionales pour Airbnb et plateformes similaires
Depuis 2024-2025, certaines villes marocaines ont instauré des conditions spécifiques pour exercer la location courte durée. Ces restrictions varient selon les objectifs locaux de gestion touristique et immobilière.
Marrakech, première destination touristique du Maroc, a limité le nombre de propriétés autorisées en location courte durée dans certains quartiers. La Médina, en particulier, fait l'objet d'un encadrement strict : seuls les propriétaires locaux et les résidents permanents peuvent louer leur résidence principale en courte durée, limitée à 120 jours par an. Les investisseurs non-résidents ne peuvent proposer que des riads dans les zones touristiques officielles.
Casablanca impose également une procédure d'agrément auprès de l'Office du tourisme municipal. Le bien doit respecter des normes minimales d'hygiène et de sécurité, et le propriétaire doit fournir une attestation d'assurance couvrant la responsabilité civile pour la location courte durée.
Agadir, destination balnéaire, privilégie les apartments et villas dans les zones touristiques. Les locations en résidence principale sont admises, mais avec une limite de 180 jours par an.
Rabat et Salé appliquent une approche plus libérale mais exigent l'enregistrement municipal et le paiement régulier de la taxe de séjour. Pour des alternatives abordables à Rabat, vous pouvez consulter notre guide sur Salé.
- Marrakech : 120 jours maximum par an pour la résidence principale, interdiction pour les investisseurs non-résidents en Médina
- Casablanca : agrément obligatoire auprès de l'Office du tourisme, normes d'hygiène strictes, assurance responsabilité civile requise
- Agadir : 180 jours maximum, priorité aux zones touristiques
- Rabat/Salé : enregistrement municipal obligatoire, taxe de séjour mensuelle
- Autres villes : se renseigner auprès de la mairie locale pour connaître les conditions spécifiques

Des restrictions qui varient selon les régions
Certaines communes touristiques imposent des quotas ou des restrictions supplémentaires aux plateformes, à vérifier avant de se lancer.
Conseil
Avant d'investir dans un bien destiné à la location courte durée, vérifiez les conditions locales auprès de votre collectivité. Certaines zones connaissent une saturation du marché ou des restrictions croissantes. Vous pouvez aussi analyser les revenus potentiels : un bien loué 180 jours par an à 800 MAD la nuit génère 144 000 MAD de chiffre d'affaires brut, mais après taxes, charges, et maintenance, le revenu net se situe autour de 50 000 à 70 000 MAD annuels.
Assurance et responsabilité civile pour les locations courte durée
Un aspect crucial souvent négligé est l'assurance. Une assurance habitation classique ne couvre généralement pas les dommages causés par des locataires occasionnels en location courte durée. Vous devez souscrire une assurance spécifique pour ce type d'activité.
Les assureurs marocains (SAHAM, ALLIANZ, ATLAS ASSURANCE, etc.) proposent désormais des formules dédiées à la location courte durée. Ces polices couvrent : la responsabilité civile du propriétaire (dommages causés aux locataires), les dommages au bien (bris de glace, incendie, vol), la perte de revenus en cas de sinistre. Le coût varie de 200 MAD à 500 MAD par mois selon la valeur du bien et son emplacement.
Certaines banques qui ont financé votre propriété par crédit immobilier peuvent exiger une assurance multirisque additionnelle. Vérifiez votre contrat de prêt : il peut contenir des restrictions explicites sur la location courte durée ou exiger une assurance complémentaire avec surcoût de 1% à 2% du capital emprunté.
Depuis 2025, Airbnb propose aussi une couverture de protection hôte qui couvre jusqu'à 2 millions de MAD de dommages matériels et une assurance responsabilité civile. Cependant, cette couverture présente des exclusions (détérioration intentionnelle, activités commerciales non-déclarées) et ne remplace pas une assurance complète auprès d'un assureur local agréé.
- Assurance responsabilité civile : obligatoire depuis 2024 pour les locations courte durée déclarées
- Coût mensuel : 200 à 500 MAD selon la valeur et la localisation du bien
- Couverture conseillée : responsabilité civile, dommages matériels, perte de revenus, frais de nettoyage
- Contrôle du contrat de crédit : vérifier si le prêteur exige une assurance additionnelle
- Couverture Airbnb : partielle, à combiner avec une assurance locale pour une protection optimale
Ce qu'il faut retenir
- Déclaration obligatoire auprès de votre commune : immatriculation, PATENTE, enregistrement fiscal. Pénalités de 5 000 à 50 000 MAD en cas de non-respect.
- Impôt sur le revenu : régime forfaitaire (1,5% à 3%) pour les revenus inférieurs à 500 000 MAD, régime réel au-delà, taux effectif de 20% à 35% selon la zone.
- Taxe de séjour : 5 à 20 MAD par nuit selon la ville, collectée auprès des locataires et reversée à la mairie.
- Restrictions locales : Marrakech (120 jours/an en résidence principale), Casablanca (agrément obligatoire), Agadir (180 jours/an), à vérifier auprès de chaque collectivité.
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Nous avons déclaré notre appartement à Casablanca en 2025 et avons pensé que l'enregistrement municipal serait simple. Au final, il a fallu 2 mois pour obtenir tous les agrément et les frais d'assurance se sont révélés bien plus élevés que prévu. Mais maintenant, avec 150 000 MAD de chiffre d'affaires annuel et une charges réelles maîtrisées, nous générons un revenu net stable. Le principal : être en règle fiscalement, sinon les pénalités auraient ruiné notre rentabilité. — Fatima B., propriétaire à Casablanca
Questions fréquentes
Puis-je louer mon bien en courte durée sans le déclarer aux impôts ?
Comment déterminer mon régime fiscal optimal ?
La plateforme Airbnb collecte-t-elle directement la taxe de séjour ?
Procédure en cas de contrôle fiscal ou administratif
Les autorités marocaines intensifient les contrôles sur les plateformes de location courte durée. Un contrôle fiscal peut survenir sur dénonciation, suite à un signalement Airbnb, ou lors d'un audit aléatoire. Voici comment réagir si vous êtes contrôlé.
Si l'Administration des impôts vous demande des informations : produisez immédiatement votre dossier complet (déclarations fiscales, contrats, justificatifs de revenus, preuves de paiement de la taxe de séjour, contrats d'assurance). Un défaut de coopération aggrave les pénalités.
Si vous découvrez une erreur dans vos déclarations antérieures, une régularisation volontaire (dépôt rectificatif) avant un contrôle amoindrit les pénalités (de 30% à 5%-10% selon les cas). Cette démarche nécessite l'aide d'un expert-comptable.
En cas de contentieux avec l'Administration, vous avez droit à une phase de réclamation (30 jours) et vous pouvez faire appel devant le tribunal administratif. La location courte durée relève aussi du droit du consommateur : Airbnb doit assumer ses responsabilités en matière de sécurité des locataires et de conformité avec les réglementations locales. Si un incident survient (accident, dégât), les assurances respectives (votre assurance responsabilité civile, couverture Airbnb, assurance du locataire) se partagent généralement l'indemnisation.
Perspectives et évolutions légales pour 2027 et au-delà
Le secteur de la location courte durée au Maroc continue d'évoluer. Les tendances pour 2027 et les années à venir suggèrent une régulation accrue, alignée sur les standards internationaux.
Le gouvernement marocain envisage d'harmoniser les règles entre les villes et d'instaurer un registre national des propriétaires de location courte durée. Cette plateforme centralisée permettrait un suivi fiscal meilleur et une application uniforme des règles.
Les taux de taxe de séjour pourraient augmenter légèrement pour financer les infrastructures touristiques locales. De même, l'assurance responsabilité civile pourrait devenir obligatoire dans tout le pays et son coût standardisé.
La notion de « résidence principale » versus « investissement locatif » sera probablement clarifiée davantage. Pour les propriétaires hésitant entre ces deux modèles, consultez notre analyse détaillée sur résidence principale vs investissement locatif.
Si vous envisagez d'investir dans l'immobilier pour la location courte durée, les rendements bruts (15% à 25% annuels avant taxes) restent attractifs dans les zones touristiques. Casablanca et Marrakech offrent les meilleurs potentiels : consultez notre comparatif investissement Casablanca vs Marrakech pour une analyse détaillée des rendements et risques.
- Registre national envisagé : plateforme centralisée pour suivi des propriétaires et conformité fiscale
- Augmentation possible des taxes de séjour : financement des infrastructures touristiques
- Assurance obligatoire standardisée : coût et couverture harmonisés entre villes
- Clarification des statuts : différenciation accrue entre résidence principale et investissement pur
- Renforcement des contrôles : collaboration accrue entre administrations et plateformes numériques
À approfondir
- Crédit immobilier au Maroc en 2026 : taux, banques et conditions
- Résidence principale vs investissement locatif : que choisir au Maroc ?
- Investissement immobilier : Casablanca vs Marrakech en 2026
- Habitat participatif et coliving au Maroc en 2026
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