La médina de Casablanca : un patrimoine fragilisé
La médina de Casablanca (Ancienne Médina, distincte de Derb Sultan ou Hay Mohammadi) est l'un des derniers tissus urbains précoloniaux de la métropole. Construite aux XVIIe-XIXe siècles, elle concentre une densité humaine et bâtie exceptionnelle sur 62 hectares, entre le port et le boulevard Mohammed V. Son parc immobilier vieillissant est souvent en état critique : le Programme de Mise à Niveau Urbaine (PMNU) initié par l'AAVB cible 180 immeubles menacés pour démolition ou réhabilitation lourde entre 2025 et 2027. Dans ce contexte, les prix oscillent entre 7 000 MAD/m² pour des appartements vétustes au titre foncier complexe, et 12 000 MAD/m² pour les biens déjà réhabilités ou en rez-de-chaussée commercial sur artères principales.
Sidi Belyout : le quartier commercial et artisanal historique

La medina de Casablanca : un patrimoine fragilise
Le bati ancien de la medina souffre d'un manque d'entretien chronique, une situation qui decote fortement les prix au m2 malgre une localisation centrale exceptionnelle.

Sidi Belyout : la mixite entre affaires et habitat ancien
Ce quartier qui jouxte le port et le centre d'affaires melange immeubles de bureaux recents et habitat populaire ancien, une dualite qui complique toute estimation de prix uniforme.
Sidi Belyout est le quartier immédiatement adjacent à la médina et au port de Casablanca, concentrant ateliers artisanaux, commerces de gros et quelques immeubles résidentiels anciens. Sa valeur immobilière est portée par deux facteurs : la rareté des locaux commerciaux en pied d'immeuble (très demandés par artisans et commerçants), et la centralité absolue dans l'agglomération. Les appartements réhabilités y atteignent 10 000-12 000 MAD/m², et les locaux commerciaux bien situés se négocient à prime. La demande locative est forte : étudiants de l'Université Hassan II (campus proche), artisans, commerçants itinérants. Les rendements bruts atteignent 6-8% — parmi les plus élevés du centre de Casablanca. Comparez avec les quartiers périphériques accessibles via notre guide Hay Hassani/Oulfa.
Le programme AAVB : opportunités et contraintes légales

Sidi Belyout : le quartier commercial et artisanal historique
Ateliers de couture, commerces de gros et souks specialises animent Sidi Belyout depuis des decennies, un tissu economique qui maintient une forte demande de locaux commerciaux en rez-de-chaussee.
L'Agence d'Urbanisation et d'Aménagement de Casablanca (AAVB) pilote le programme de réhabilitation de la médina. Pour les propriétaires privés, ce programme offre des subventions partielles (20-35% du coût des travaux) en contrepartie d'engagements de conservation architecturale (façades, corniches, modénatures). Pour les acheteurs potentiels, la prudence s'impose : vérifier si le bien ciblé est dans le périmètre PMNU (liste disponible en Mairie de Casablanca), car les immeubles classés à démolir sont à éviter absolument — l'indemnisation d'expropriation peut être inférieure à la valeur de marché. En revanche, les biens en zone de réhabilitation subventionnée (non démolition) peuvent être achetés à décote et valorisés via le programme public. Avant tout achat dans ce secteur, consultation avec un notaire spécialisé et vérification du titre foncier sont absolument indispensables.
La gentrification : un mouvement lent mais réel
Contrairement à Tanger ou Fès, la gentrification de la médina casablancaise est un phénomène récent et encore limité. Quelques opérations pilotes de conversion de demeures historiques en boutique-hôtels ou en galeries d'art (Derb Soltane, autour de la Grande Mosquée) prouvent la faisabilité. Des artistes et architectes commencent à s'y installer, attirés par des loyers bas et l'authenticité du tissu urbain. Cette tendance naissante pourrait s'accélérer avec la réhabilitation AAVB et la mise en valeur touristique du port. Les prix de l'immobilier à Casablanca devraient intégrer une prime médina dans 5-10 ans si ce mouvement se confirme — les acheteurs pionniers aujourd'hui pourraient réaliser les plus-values les plus spectaculaires de l'agglomération.
La médina de Casablanca est l'actif le plus risqué mais potentiellement le plus rentable de la métropole. Réservé aux investisseurs avertis : connaissance du droit immobilier local indispensable, réseau d'artisans fiable, horizon 10-15 ans, tolérance aux incertitudes réglementaires. Pour les autres : attendez que la gentrification soit confirmée avant d'entrer.



