CFC et le marché tertiaire premium de Casablanca
Casablanca Finance City (CFC) est l'expression la plus aboutie des ambitions de la métropole casablancaise dans l'immobilier de bureau. Inauguré en 2010 et en expansion constante depuis, le pôle financier abrite les bureaux régionaux de plus de 300 entreprises multinationales, banques d'investissement, cabinets d'audit et d'avocats, sociétés de gestion de fonds. Les prix de location dans les tours grade A du CFC atteignent 28 000 MAD/m²/an en 2026 — soit 2 333 MAD/m²/mois — un niveau qui place le marché casablancais au même niveau que les villes de tier 2 européennes (Porto, Varsovie, Budapest). Ces prix élevés reflètent la qualité des prestations (connexion fibres redondantes, climatisation centralisée, sécurité 24h), la rareté des surfaces disponibles et le prestige d'adresse que procure le label CFC pour les entreprises cherchant à attirer des talents internationaux. Pour un achat en bureau, les prix de cession dépassent souvent 45 000 — 60 000 MAD/m² dans ces tours premium.
Le reste du marché casablancais : Maarif, Gauthier et 20 Août

28 000 MAD/m2 par an, le prix des tours grade A de Casablanca Finance City
Plus de 300 multinationales, banques et cabinets d'audit ont installe leurs bureaux regionaux dans ce pole financier, au meme niveau que Porto ou Budapest.
En dehors du CFC, le marché des bureaux à Casablanca présente des niveaux de prix très variés. Le quartier Maarif et le boulevard d'Anfa concentrent des bureaux grade B de 10 000 à 18 000 MAD/m²/an, très demandés par les cabinets professionnels marocains (avocats, notaires, cabinets comptables) et les PME locales. Le quartier Gauthier, historiquement tertiaire, maintient des loyers de 14 000 à 20 000 MAD/m²/an pour des surfaces bien entretenues. Le boulevard du 20 Août, en transformation, attire des offres d'open spaces modernes à des prix compétitifs (9 000 — 13 000 MAD/m²/an). Le taux de vacance global sur Casablanca se situe entre 14 et 18 % — un niveau modéré qui signifie que le marché n'est pas en surchauffe mais que la demande reste soutenue. Les investisseurs en immobilier d'entreprise trouvent des rendements bruts de 6 à 8 % sur les bureaux bien localisés.
Le flex office : une révolution structurelle

Maarif, Gauthier et 20 Aout, des niveaux de prix tres varies hors du CFC
Le reste du marche tertiaire casablancais propose une gamme large de surfaces de bureaux, avec des tarifs nettement inferieurs a ceux du pole financier.
La pandémie a accéléré une transformation qui était déjà en cours avant 2020 : la montée en puissance du flex office et des espaces de coworking. À Casablanca, des opérateurs comme Regus, Wojo et des acteurs locaux ont multiplié leurs implantations, répondant à une demande d'entreprises qui veulent de la flexibilité sans engagement locatif long terme. Cette tendance représente désormais 35 à 40 % de la nouvelle demande tertiaire à Casablanca, un niveau qui contraint les propriétaires de bureaux traditionnels à repenser leur offre. Les immeubles qui ne proposent pas d'espaces modulables, de salles de réunion partagées et de services annexes voient leur taux de vacance structurellement plus élevé. Les investisseurs qui acquièrent des bureaux aujourd'hui doivent intégrer ce changement de paradigme dans leur calcul de rendement à long terme.
Rabat, Agadir, Tanger : les marchés secondaires

Le flex office, une revolution structurelle qui redessine la demande de bureaux
Les entreprises marocaines adoptent progressivement des espaces de travail flexibles, transformant les criteres de choix des locaux d'affaires.
Le marché tertiaire est moins connu en dehors de Casablanca, mais il existe et se développe. Rabat, capitale administrative, dispose d'un marché de bureaux dominé par les administrations publiques et les prestataires de services gouvernementaux. Les loyers de bureaux privés à Hay Riad ou Agdal oscillent entre 12 000 et 18 000 MAD/m²/an — un niveau accessible qui attire des start-ups et des entreprises tech qui veulent la proximité institutionnelle sans les coûts casablancais. Tanger, boostée par le port Tanger Med et la zone franche, développe un marché tertiaire logistique et industriel qui sort progressivement du schéma pur entrepôt vers des immeubles mixtes bureau-activité. Agadir enfin, portée par le tourisme et l'agro-alimentaire, voit émerger des besoins en bureaux professionnels que l'offre locale peine encore à satisfaire.
Stratégies d'investissement en immobilier de bureau
Investir dans le bureau au Maroc en 2026 requiert une analyse fine du segment et de la localisation. Les bureaux CFC premium offrent des rendements modestes (5 à 6 %) mais une sécurité locative maximale avec des locataires multinationales sur des baux de 5 à 9 ans. Les bureaux grade B en périphérie casablancaise offrent des rendements de 7 à 9 % mais une rotation locative plus fréquente. Les opportunités les plus intéressantes pour les investisseurs avertis se trouvent peut-être dans les villes secondaires (Tanger, Agadir, Kénitra), où la demande institutionnelle et industrielle croissante n'est pas encore pleinement reflétée dans les prix — une fenêtre d'entrée à saisir avant que les promoteurs institutionnels s'organisent. Pour un conseil personnalisé sur l'investissement tertiaire, contactez notre équipe.
L'immobilier de bureau au Maroc en 2026 est à un tournant : le CFC consolide son rôle de hub africain premium, le reste de Casablanca digère la révolution flex office, et les villes secondaires émergent comme des alternatives crédibles. Un marché de nuances, pour investisseurs qui savent lire les cycles urbains.



